Venise

Daniel Pelletti, Vincent Solheid, Juan Miguel Pozo, Sasha Drutskoy, Alessandro Filippini, Emelyne Duval, Phil van Duynen, Thérèse Chotteau, Carlo Galfione, Karen Farkas, Goli Enterazi, Roberto Kusterle, Mario Ferretti, Mathilde Nardone, Pierre Alechinsky, Wim Delvoye, Anish Kapoor, Michel Mouffe, Berlinde de Bruyckere, Charles Christopher Hill

Venise — Du 1er au 23 avril 2021
Chiesetta della misericordia
Campo de l’Abazia 3550 – Venezia

Dîner tous les soirs…

 

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Mathilde Nardone
Léon


Mathilde Nardone
Mallo


Phil van Duynen
Mix Black


Phil van Duynen
Mix White


Mario Ferretti
Assemblage 03


Mario Ferretti
Assemblage 08

Curateur de l’exposition :

Antonio Nardone
Né à Bruxelles 1964.
Plasticien et historien de l’art, éditeur et curateur d’expositions.

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A propos de Cadavre — Exquis :

1935, Paris, 54 rue du Château, Jacques Prévert, Yves Tanguy et d’autres surréalistes élaborent le jeu absurde d’écrire chacun à la suite, un mot sur une feuille de papier pliée sans connaître le mot précédent… Le résultat se déploie en ouvrant la feuille. La première phrase de ce jeu est née ! « Le cadavre – Exquis – boira – le vin – nouveau ».

Ce sera donc un « cadavre exquis ».

Le mouvement Surréaliste qui prônait les créations et les expressions en dehors de tout cadre contrôlé par la raison, rêvait d’explorer l’inconscient freudien, et en peinture, de faire surgir des images en paraphrasant le texte du Comte de Lautréamont comme : « Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie ». Les chants de Maldoror, 1869.

En hommage à la cité des doges, aux rencontres fortuites et aux amoureux des couleurs, l’exposition présente un assemblage automatique issu des rêves et désintéressé de la pensée en une accumulation d’œuvres dont la lecture se fera comme bon vous semble ! Et pourquoi pas, dans l’autre sens…

La magnifique Chiesetta della Misericordia, sera l’écrin d’un parcours plastique, tout en plaisir, et offrira en son cœur, pour les amateurs, chaque jour un dîner nocturne !

Un peu à l’image de l’homme, marchant d’un pas grave, qui rencontre à l’angle d’une rue l’amour de sa vie.

Rien, personne ne pouvait le prévoir.

Qui a souri le premier ? Qui s’est alors perdu dans le regard doux et tendre ?

Qu’importe !  L’angle de la rue, la ligne imaginaire qui sépare les pages à écrire, se déploie maintenant et développe à plat, étalé, nu comme un ver, les baisers d’amour.

Comme quoi, si chacun construit sur une page les dessins de sa vie, c’est en déployant le livre que l’ermite devient l’acteur d’une histoire. Elle fera son chemin jusqu’à la rencontre d’une autre page, et d’une autre, et encore d’une autre – c’est la vie qui se construit.

Il en est de même pour les cadavres exquis, il en est tout autant pour cette exposition.

Et Venise est la ville lagune des rencontres fortuites, des pages solitaires qui se distribuent sous les bleus du ciel ou les ocres des brumes de l’acqua alta.

Il se passe toujours des rencontres à Venise.

Rencontres étranges que sont l’écriture automatique et le montage d’œuvres juxtaposées. L’ensemble est beau comme la rencontre fortuite… mais à y regarder de plus près, chaque œuvre raconte quelque chose à son proche, lui susurre à l’oreille, se confie comme un potin au voisin de palier : le vieux d’à côté, la fille d’en face, la mère qui cuisine tout le temps. Bref, les œuvres se parlent. Les inconnus d’hier deviennent complices.

Et l’art de Venise à théâtraliser donne du corps à ces beautés, à ces rencontres. Fortuites.

Antonio Nardone

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